David Fincher, Quentin Tarantino et Brad Pitt réunis autour d'un nouveau film : sur le papier, l'affiche semble idéale pour attirer les spectateurs dans les salles IMAX.

Mais la réputation des artistes ne suffit pas toujours à convaincre les exploitants de programmer un long métrage.

Le 30 octobre 2026, TheWrap, Variety et IndieWire ont rapporté que Regal Cinemas et Cinemark avaient décidé de ne pas accueillir The Further Mis-Adventures of Cliff Booth sur leurs écrans IMAX.

Le film doit sortir le 25 novembre, à l'occasion de Thanksgiving, dans le cadre d'une exploitation événementielle de deux semaines en IMAX.

Il sera ensuite disponible sur Netflix le 23 décembre.

Ces dates ne changent pas. En revanche, le nombre de salles américaines participantes sera inférieur à ce que permettrait une exploitation associant les trois grands circuits nationaux.

AMC maintient sa participation. Les exploitants indépendants et les établissements internationaux susceptibles de diffuser le film ne sont pas concernés automatiquement par les décisions de Regal et Cinemark.

Deux grands exploitants américains passent leur tour

Regal et Cinemark occupent des positions importantes dans le marché américain de l'exploitation cinématographique.

Leurs réseaux comprennent de nombreux complexes équipés pour les projections premium, notamment en IMAX.

Leur absence représente donc une limitation concrète pour le lancement du prochain film de David Fincher.

Selon TheWrap, la programmation américaine se concentrera désormais sur les écrans IMAX d'AMC qui participent à l'opération.

L'information ne signifie pas que le film est interdit dans les salles concurrentes ou qu'un organisme a empêché sa diffusion.

Les deux réseaux ont simplement choisi de ne pas le programmer dans le cadre proposé.

Cette distinction est importante : les exploitants décident des films qu'ils accueillent en fonction de leurs engagements commerciaux, des disponibilités d'écrans et des conditions de distribution.

Netflix conserve donc son calendrier, mais perd une partie de la visibilité qu'une sortie IMAX plus largement distribuée aurait pu lui offrir.

À ce stade, aucun bilan précis des entrées ou des recettes n'existe puisque le film n'est pas encore sorti.

Une exclusivité IMAX de deux semaines qui ne convainc pas tout le monde

Le cœur du désaccord concerne notamment la durée et la nature de l'exploitation cinématographique.

Netflix a annoncé une première période de deux semaines consacrée aux projections IMAX, avant la mise en ligne du film sur sa plateforme le 23 décembre.

Entre la première séance annoncée du 25 novembre et la disponibilité en streaming, moins d'un mois s'écoulera.

Pour un exploitant, cette perspective peut compliquer la commercialisation d'un film attendu comme un événement cinématographique.

Les salles doivent décider comment répartir leurs écrans, leurs séances et leurs campagnes promotionnelles entre plusieurs sorties concurrentes.

Une fenêtre très courte réduit le temps pendant lequel un établissement peut exploiter l'exclusivité d'un film avant que les abonnés puissent le découvrir à domicile.

Il ne s'agit pas nécessairement d'un refus de principe de tout film produit par Netflix.

Les relations entre les plateformes et les exploitants évoluent selon les titres, les conditions proposées et la durée des périodes réservées aux cinémas.

L'exemple de Cliff Booth révèle surtout que les ambitions de Netflix en salles restent soumises aux choix commerciaux de ceux qui possèdent les écrans.

Hunger Games et les sorties de Thanksgiving compliquent la situation

Le calendrier ajoute une difficulté.

The Further Mis-Adventures of Cliff Booth arrive le 25 novembre, cinq jours après la sortie américaine de Hunger Games : Sunrise on the Reaping.

Le nouveau film de la franchise Lionsgate doit également attirer les spectateurs dans les salles premium.

Les exploitants disposent toutefois d'un nombre limité d'écrans IMAX.

Programmer Cliff Booth implique donc de réserver une partie de ces installations à Netflix pendant une période où plusieurs productions commerciales importantes sont déjà présentes.

Selon les informations rapportées par la presse professionnelle, Regal et Cinemark privilégient d'autres propositions pour cette fenêtre de Thanksgiving.

Leur décision ne permet pas de prédire les performances respectives des films concernés.

Elle illustre néanmoins un problème récurrent : les grands formats ne sont pas disponibles en quantité illimitée, et leur calendrier se négocie plusieurs mois à l'avance.

Pour Netflix, la question n'est donc pas seulement de produire un film suffisamment spectaculaire pour l'IMAX.

Il faut aussi obtenir des engagements de programmation compatibles avec les intérêts des exploitants.

Brad Pitt retrouve son personnage de Once Upon a Time in Hollywood

Le film possède un autre argument majeur : il ramène à l'écran Cliff Booth, personnage incarné par Brad Pitt dans Once Upon a Time... in Hollywood.

Dans le long métrage de Quentin Tarantino sorti en 2019, Cliff était le cascadeur et ami fidèle de Rick Dalton, acteur interprété par Leonardo DiCaprio.

Le personnage possédait une attitude détachée, une capacité impressionnante à gérer les situations violentes et une place singulière dans le Hollywood de la fin des années 1960.

Brad Pitt avait remporté l'Oscar du meilleur acteur dans un second rôle pour cette interprétation.

Le nouveau film ne se déroule plus en 1969, mais en 1977.

Huit années se sont écoulées depuis les événements de la précédente histoire.

Cliff Booth ne travaille plus seulement comme cascadeur. Selon le synopsis officiel dévoilé par Netflix, il exerce désormais comme intermédiaire chargé de résoudre des problèmes délicats dans l'industrie du divertissement.

Ce changement offre au personnage un nouveau terrain de jeu.

Ses compétences peuvent désormais servir à gérer des affaires compromettantes, des conflits ou des situations dont les personnalités hollywoodiennes préféreraient éviter la publicité.

Le film doit ainsi abandonner une partie de la structure du récit de Tarantino pour développer un thriller criminel situé dans le Los Angeles des années 1970.

David Fincher réalise un scénario écrit par Quentin Tarantino

La réunion de David Fincher et Quentin Tarantino constitue l'autre particularité de cette production.

Tarantino a écrit le scénario, mais il ne réalise pas le long métrage.

La mise en scène est confiée à Fincher, connu notamment pour Seven, Fight Club, Zodiac, The Social Network et The Killer.

Les deux cinéastes possèdent des approches très différentes de la narration criminelle.

Tarantino privilégie fréquemment les conversations longues, les ruptures de ton et une violence stylisée.

Fincher est associé à une mise en scène précise, à des ambiances inquiétantes et à des récits où l'observation des comportements occupe une place importante.

The Further Mis-Adventures of Cliff Booth représente donc une collaboration particulièrement intrigante.

Mais elle ne permet pas encore de garantir le résultat artistique du film.

Une bande-annonce et des présentations promotionnelles ont été diffusées. Elles donnent des indications sur son atmosphère, sans remplacer la découverte du montage complet.

Le film dispose néanmoins d'une identité annoncée : une histoire de crimes, de chantage et d'ambitions dans un Hollywood qui a changé depuis les aventures précédentes de Cliff Booth.

Elizabeth Debicki, Scott Caan et Carla Gugino au casting

Brad Pitt ne sera pas seul.

Elizabeth Debicki incarne Karen Crosby, une agente artistique qui contacte Cliff pour le compte d'un client.

Ce client est Charlie Peters, une vedette de télévision interprétée par Scott Caan.

Charlie est présenté comme une personnalité habituée à réaliser elle-même certaines cascades, ce qui crée un lien évident avec le passé professionnel de Cliff.

Carla Gugino joue Toni, l'épouse de Charlie.

Yahya Abdul-Mateen II interprète Roderick Harrison, surnommé Hot Rod, ancien champion de football américain devenu acteur.

Peter Weller, Corey Fogelmanis et Karren Karagulian complètent également la distribution annoncée.

Netflix a aussi présenté les frères Verdusco, personnages liés à la criminalité qui trouble le Los Angeles du récit.

Ces informations proviennent de la présentation officielle du film publiée par la plateforme.

Elles permettent d'identifier plusieurs protagonistes, sans dévoiler les retournements de situation ni les relations qui se développeront pendant toute l'histoire.

Le film pourrait ainsi mêler la fascination pour l'industrie du spectacle à une intrigue plus directement criminelle.

Netflix continue de chercher sa place dans les salles

Depuis plusieurs années, Netflix entretient une relation complexe avec l'exploitation cinématographique traditionnelle.

Le service s'est développé autour de l'idée que les spectateurs peuvent découvrir les films et les séries directement à domicile.

Mais certains longs métrages bénéficient d'une exposition particulière lorsqu'ils sont projetés sur grand écran.

Les sorties en salles peuvent renforcer la visibilité d'une production, créer un événement culturel et contribuer à sa reconnaissance dans l'industrie.

Netflix a donc progressivement expérimenté différents modèles de distribution.

Certains films disposent d'une exploitation limitée avant leur mise en ligne, tandis que d'autres peuvent bénéficier d'engagements cinématographiques plus importants.

Le cas de Cliff Booth se situe entre ces approches.

Le film bénéficie d'une sortie mondiale annoncée en IMAX, mais sa fenêtre événementielle reste courte.

Il représente donc une tentative d'associer le prestige d'un format de cinéma à une disponibilité rapide sur le service de streaming.

Le refus de Regal et Cinemark montre que cet équilibre ne satisfait pas tous les partenaires potentiels.

AMC devient le partenaire américain essentiel de cette sortie

AMC, autre grand réseau américain, a choisi de participer à l'exploitation IMAX du film.

Cette différence d'approche rappelle que les exploitants ne possèdent pas tous la même stratégie.

Leurs engagements peuvent varier selon leur programmation, leurs accords commerciaux et leur appréciation de l'intérêt d'un événement.

Pour Netflix, la présence d'AMC permet de maintenir une exploitation significative aux États-Unis.

Elle ne compense cependant pas automatiquement l'absence des écrans Regal et Cinemark.

Les spectateurs situés dans certaines régions pourraient devoir se déplacer davantage pour trouver une séance participante.

La situation sera également différente selon les marchés internationaux.

Netflix a annoncé une sortie IMAX mondiale, mais les décisions prises par deux réseaux américains ne doivent pas être appliquées indistinctement à tous les pays.

La liste précise des établissements et des horaires devra être consultée auprès des exploitants participants lorsque la billetterie sera disponible.

Le nombre définitif de séances, leur durée et leurs éventuelles prolongations ne sont pas entièrement établis au 30 octobre.

Deux semaines d'IMAX, puis Netflix le 23 décembre

Le calendrier officiel reste organisé autour de deux dates.

Le mercredi 25 novembre 2026, The Further Mis-Adventures of Cliff Booth doit commencer son exploitation IMAX dans les établissements participants.

Le mercredi 23 décembre, le film doit rejoindre Netflix.

Cette seconde date correspond à sa disponibilité annoncée sur la plateforme, et non à une nouvelle sortie en salles.

La période IMAX présentée par Netflix est de deux semaines.

Il faut distinguer cette exclusivité événementielle du délai total qui sépare le début de l'exploitation cinématographique de l'arrivée en streaming.

Les deux notions ne sont pas interchangeables.

Le modèle retenu permet à Netflix de conserver une sortie sur grand écran tout en proposant le film à ses abonnés avant Noël.

Pour les exploitants, il pose cependant la question de la valeur commerciale d'une période aussi limitée.

Les décisions de Regal et Cinemark illustrent cette tension sans établir que tous les exploitants refuseront systématiquement ce type d'accord.

Une décision importante pour l'avenir des sorties événementielles

The Further Mis-Adventures of Cliff Booth n'est pas annulé. Le film de David Fincher doit toujours être projeté en IMAX à partir du 25 novembre avant sa diffusion sur Netflix le 23 décembre.

Mais l'annonce du 30 octobre modifie la portée de sa sortie américaine.

Regal et Cinemark ne participeront pas à l'exploitation IMAX dans les conditions actuellement prévues, tandis qu'AMC maintient son engagement.

Le cas est révélateur d'un marché où la présence de grandes vedettes et de réalisateurs reconnus ne suffit pas à garantir l'accès à toutes les salles.

Les conditions de programmation, les fenêtres d'exclusivité et la concurrence entre sorties demeurent déterminantes.

Pour Netflix, le défi est de convaincre les exploitants qu'un film destiné rapidement au streaming mérite malgré tout une place importante sur leurs écrans premium.

Pour les spectateurs, la question sera plus concrète : trouver une salle participante pour découvrir Brad Pitt dans le nouveau Hollywood criminel imaginé par Tarantino et filmé par Fincher.

La réussite commerciale de cette sortie reste inconnue. Son organisation montre déjà combien la frontière entre cinéma et streaming continue de faire l'objet de négociations.