Insomniac n’a pas choisi un récit d’origine
Marvel’s Wolverine sortira le 15 septembre 2026 sur PlayStation 5 avec une histoire originale développée par Insomniac Games en collaboration avec Marvel Games et Sony Interactive Entertainment.
Le choix narratif le plus utile est peut-être celui de ce que le studio refuse de raconter. Cette version de Logan possède déjà ses griffes et son squelette d’adamantium lorsque l’aventure principale commence. Insomniac ne souhaite pas refaire une origine complète expliquant une nouvelle fois comment Wolverine est devenu Wolverine.
Son passé reste pourtant essentiel. Logan souffre de souvenirs incomplets et cherche des réponses, ce qui permet au scénario d'utiliser son histoire comme un mystère plutôt que comme une chronologie obligée.
Liam McIntyre doit faire oublier un visage devenu presque indissociable du personnage
Insomniac a confié Wolverine à Liam McIntyre. Le défi dépasse la simple performance vocale : après plus de deux décennies de films X-Men et de productions dérivées, Hugh Jackman est devenu pour une partie du public la référence automatique dès que le nom Logan apparaît.
Le jeu ne cherche pourtant pas à produire une imitation numérique de cette interprétation. Son Wolverine est une création propre à l’univers d’Insomniac, avec un design, un acteur et une trajectoire spécifiques.
Cette indépendance donne au studio davantage de liberté pour construire sa version du personnage autour de contradictions qui fonctionnent particulièrement bien dans un jeu : Logan est extrêmement violent, mais cette violence le terrifie lui-même ; il peut survivre à des blessures impossibles, mais demeure vulnérable dans ses relations.
La Team X remplace la sécurité d’une grande famille X-Men
Trois ans après avoir quitté la Team X, Logan revient auprès de cette unité mutante alors qu’elle traverse une crise majeure. Mystique et Sabretooth font partie des personnages qui l’entourent, tandis que Jean Grey rejoint progressivement son histoire.
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Le contexte est volontairement hostile. Dans cette version de l’univers Marvel, les mutants vivent encore largement cachés et une grande partie de la société ignore leur existence. Bolivar Trask exploite cette situation pour capturer et expérimenter sur eux.
Cela éloigne immédiatement le jeu de l’image plus confortable de l’école Xavier devenue symbole public de l’univers X-Men. Wolverine évolue dans un monde où les mutants ne disposent pas encore d’une institution capable de leur offrir visibilité, protection ou légitimité.
La violence n’est pas uniquement un argument de classification
Insomniac insiste depuis les premières présentations sur la brutalité de son jeu. Les griffes coupent, les exécutions sont graphiques et Logan utilise sa Rage pour pousser ses attaques toujours plus loin.
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Mais les previews récentes donnent davantage de sens à ce registre. La colère de Wolverine n’est pas traitée uniquement comme un moyen de rendre le jeu plus adulte que Spider-Man. Elle devient aussi un problème personnel : dans les moments plus calmes, Logan admet que sa propre rage peut lui faire peur et qu’il voudrait être meilleur.
Cette tension correspond particulièrement bien au personnage. Wolverine n’est pas intéressant parce qu’il possède des griffes impossibles à casser. Il l’est parce qu’un homme capable d’une violence extrême essaie continuellement de décider à quoi cette violence doit servir.
Le jeu fait de Logan le centre même lorsqu’il est entouré
Jean, Mystique et Sabretooth peuvent participer aux affrontements et disposent de leurs propres rôles dans l’histoire. Insomniac a néanmoins confirmé que Wolverine sera le seul personnage directement jouable.
Cette décision empêche l’aventure de glisser vers un jeu X-Men collectif qui utiliserait simplement Logan comme tête d’affiche. La Team X peut exister autour de lui sans déplacer le centre de gravité narratif.
Même la structure non open world participe à cette concentration. Le voyage passe notamment par le Canada, Tokyo et Madripoor, mais ces lieux servent une progression narrative plutôt que la construction d’une gigantesque carte à nettoyer.
Wolverine doit maintenant prouver qu’il peut vivre hors du cinéma
Marvel dispose évidemment de dizaines d’années de comics pour rappeler que Logan ne se limite jamais à une incarnation cinématographique. Le grand public, lui, a passé une génération entière avec une version extrêmement dominante du personnage.
Marvel’s Wolverine possède donc une occasion rare. Au lieu de reproduire ce que les films ont déjà rendu célèbre, Insomniac peut montrer comment l’interactivité change le personnage : laisser le joueur gérer sa Rage, ressentir sa régénération et participer directement au dilemme entre violence et contrôle.
Les previews d’août montrent que le studio a au moins identifié cette nécessité. Le test final viendra le 15 septembre : voir si cette nouvelle interprétation réussit à devenir un Wolverine reconnaissable sans avoir besoin d’être celui que le cinéma nous a appris à attendre.